Le groupe hôtelier Accor a annoncé le 22 octobre un chiffre d’affaires de 1 503 millions d’euros au troisième trimestre 2026 et rehaussé sa prévision d’excédent brut d’exploitation pour l’année, selon son communiqué et l’AFP. Sa division Luxe & Lifestyle tire la croissance, tandis que les Émirats arabes unis restent pénalisés par le conflit au Moyen-Orient.
Un troisième trimestre de rattrapage
Après un deuxième trimestre « sévèrement perturbé » par le conflit au Moyen-Orient, selon les termes du groupe, le numéro un européen de l’hôtellerie affiche une activité nettement mieux orientée entre juillet et septembre. Son chiffre d’affaires atteint 1 503 millions d’euros, en progression de 7,7 % à taux de change constant. En données publiées, la hausse ressort à 9,8 %, a précisé l’AFP, les effets de change ayant apporté 28 millions d’euros, liés surtout au dollar australien et au réal brésilien.
Le revenu par chambre disponible (RevPAR), indicateur clé du secteur, progresse de 4,9 % sur le trimestre, essentiellement grâce aux prix. Le réseau continue de s’étendre : 63 hôtels, soit près de 9 000 chambres, ont ouvert sur la période, portant la croissance nette du parc à 3 % sur douze mois. À fin septembre, Accor exploitait 5 857 hôtels (885 219 chambres) et disposait d’un portefeuille de projets de plus de 273 000 chambres.
Le haut de gamme creuse l’écart
La performance repose d’abord sur la division Luxe & Lifestyle, dont le RevPAR bondit de 8,3 % et le chiffre d’affaires de 11,6 % à change constant, à 404 millions d’euros. Hors Moyen-Orient, la progression du RevPAR de cette division dépasse 11 %. Le pôle Premium, Milieu de gamme et Économique, plus exposé au marché européen, progresse plus modestement : +3,2 % de RevPAR et +2,1 % de chiffre d’affaires, à 767 millions d’euros.
En France, qui pèse 43 % du chiffre d’affaires hébergement de la région Europe-Afrique du Nord, l’été a été calme avant un mois de septembre dopé par plusieurs grands événements, dont la tournée de Céline Dion, la visite du pape et des salons professionnels. L’Asie du Sud-Est et le Brésil restent des relais de croissance, tandis que la Chine demeure en recul.
Le point noir reste les Émirats arabes unis, seul pays encore touché par le conflit régional selon le groupe : le RevPAR y reste inférieur d’environ 20 % à celui du troisième trimestre 2025, malgré une amélioration par rapport au printemps.
Une prévision resserrée vers le haut
Fort de ces chiffres, Accor vise désormais un excédent brut d’exploitation (EBE) courant compris entre 1 270 et 1 285 millions d’euros pour 2026, contre une fourchette de 1 260 à 1 285 millions jusqu’ici. Le bas de la fourchette est donc relevé de 10 millions d’euros. Le groupe anticipe aussi une croissance annuelle du RevPAR dans le haut de sa fourchette de 2 à 2,5 %, à condition que la situation aux Émirats ne se dégrade pas au quatrième trimestre. À l’inverse, l’objectif de croissance du réseau est légèrement ajusté, entre 3 et 3,5 %, contre « autour de 3,5 % » auparavant.
Le PDG Sébastien Bazin met en avant « une discipline financière rigoureuse dans un contexte géopolitique incertain » pour justifier ce relèvement.
Ce qu’il faut retenir pour les décideurs
Trois enseignements se dégagent. D’abord, la clientèle haut de gamme absorbe les hausses de prix mieux que le segment économique, ce qui conforte le recentrage stratégique du groupe sur le luxe et le lifestyle. Ensuite, la diversification géographique joue un rôle d’amortisseur : la vigueur de l’Asie du Sud-Est et des Amériques compense en partie le trou d’air émirien. Enfin, Accor poursuit l’allègement de son bilan : la cession de sa participation d’environ 30,7 % dans Essendi (ex-AccorInvest) à un consortium formé par Blackstone et Colony IM, pour un montant pouvant atteindre environ 975 millions d’euros, doit être finalisée au quatrième trimestre. Le groupe prévoit d’en reverser l’essentiel à ses actionnaires via un programme supplémentaire de rachat d’actions de 500 millions d’euros.
Prochain rendez-vous pour mesurer la solidité de cette trajectoire : la publication des résultats annuels, au début de 2027.




