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mercredi 21 octobre 2026
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Gifi demande son redressement judiciaire : anatomie d’une chute dans le discount

Gifi demande son redressement judiciaire : anatomie d’une chute dans le discount

L’enseigne de bazar à petits prix Gifi, 513 magasins et environ 6 000 salariés en France, va demander à être placée en redressement judiciaire, a annoncé mardi 20 octobre son nouveau président du directoire, Patrick Puy, dans une lettre aux salariés consultée par l’AFP.

Une lettre aux salariés pour acter la rupture

Le message tient en quelques phrases. « Le marché s’est nettement dégradé au cours de l’été et Gifi n’a pas été épargnée », écrit Patrick Puy, avant d’annoncer la décision de « solliciter l’ouverture d’une procédure de redressement judiciaire auprès du tribunal compétent ». D’après Sud Ouest, dont l’information a été reprise par BFM Business et Capital, c’est le tribunal de Toulouse qui doit être saisi. Le dirigeant insiste sur la continuité : les magasins restent ouverts, les contrats de travail sont inchangés et « aucun nouveau PSE n’est engagé à ce stade ».

Le choix de l’homme dit beaucoup de la gravité de la situation. Nommé le 12 octobre, Patrick Puy est un spécialiste des entreprises en crise, passé par Moulinex-Brandt, Vivarte ou Go Sport. Il est le quatrième dirigeant de Gifi en deux ans, après notamment Christophe Mistou, resté cinq mois, et Rémy Lecomte, écarté récemment. Le fondateur, Philippe Ginestet, qui a créé l’enseigne en 1981 à Villeneuve-sur-Lot (Lot-et-Garonne), s’était mis en retrait fin 2024 mais détient toujours 60 % du capital, selon BFM Business.

Des causes qui s’additionnent depuis près de dix ans

Pour les observateurs du secteur, la défaillance ne surprend guère. Le Figaro date les difficultés du rachat de Tati par Philippe Ginestet en 2017, une opération qui n’a pas produit les effets attendus. S’y est ajoutée en juin 2023 une migration informatique chaotique, destinée à automatiser l’approvisionnement des magasins, qui a durablement désorganisé la gestion des stocks, rapportent Le Monde et l’AFP. Des rayons mal achalandés dans un commerce de flux pèsent immédiatement sur les ventes.

Le contexte concurrentiel a fait le reste. Le néerlandais Action s’est imposé dans les zones commerciales sur le même créneau du non-alimentaire à bas prix, tandis que les plateformes chinoises comme Temu ou AliExpress captent une partie de la clientèle en ligne. Gifi, avec environ un milliard d’euros de chiffre d’affaires selon Le Figaro, s’est retrouvée prise en étau sur un marché du discount désormais très disputé.

Des banques qui ferment le robinet

Le volet financier explique le calendrier. En 2025, les banques créancières, dont BNP Paribas et le Crédit agricole, sont entrées à hauteur de 40 % au capital en échange d’un effacement de dettes, évalué à 470 millions d’euros par Le Monde, et d’un apport de près de 100 millions d’euros, selon Capital. Elles auraient cette fois refusé d’injecter 50 millions supplémentaires, d’après Libération cité par Capital, qui évoquait une trésorerie limitée à environ trois mois. BFM Business rappelle que le groupe avait déjà connu deux procédures de conciliation, mi-2024 puis en 2025.

Les cessions engagées n’ont pas suffi. Une trentaine de magasins sont en cours de vente au distributeur Grand Frais, et le pôle de casinos fait l’objet d’une promesse de vente à l’allemand Merkur, pour un montant jugé insuffisant par une source citée par BFM Business.

Trois issues possibles pour les dirigeants et les salariés

Si le tribunal ouvre la procédure, une période d’observation de six mois, renouvelable une fois, gèlera les dettes antérieures. Elle peut déboucher sur un plan de redressement porté par l’entreprise, sur une cession totale ou partielle à des repreneurs, ou, en dernier recours, sur une liquidation. Le Figaro évoque déjà, selon une source proche du dossier, la recherche de repreneurs pour tout ou partie du réseau.

Pour les 6 000 salariés, l’enjeu est immédiat : un découpage du parc signifierait des fermetures de points de vente et des reprises partielles d’effectifs. Pour les dirigeants du commerce, le dossier rappelle qu’un incident informatique, une acquisition mal digérée et une gouvernance instable suffisent à fragiliser une enseigne installée depuis plus de quarante ans.

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Lamia

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